PROGRAMME ET RÉSUMÉS – VE COLLOQUE ARSET

PROGRAMME
LES RENCONTRES DE l’ARSET – VE COLLOQUE
21 avril 2017
9h – 18h30
École supérieure des beaux-arts TALM-Tours
– Ex-Imprimerie MAME –
Contact : colloque.arset@yahoo.fr

Collections ethnographiques :
traitement et exposition d’objets composites

Réalisé dans le cadre du colloque biannuel de l’Association des Restaurateurs de Sculpture de l’École de Tours, « Collections ethnographiques : traitement et exposition d’objets composites » se propose d’aborder la diversité de la matérialité et l’étendue des collections dites « ethnographiques ».

8h30 Accueil
9h00 Discours d’ouverture du président de scéance
Manuel VALENTIN – Anthropologue et historien des arts d’Afrique, UMR 208 « Patri- moines locaux », IRD/MNHN – Paris
9h15 Les problématiques spécifiques de la conservation-restauration des objets ethnographiques sacrés : étude de cas d’une collection de masques Yup’ik d’Alaska conservée au Musée Canadien des Civilisations, Gatineau, Canada
Alice FLOT – Conservatrice-Restauratrice d’objets ethnographiques musée du quai Branly – Jacques Chirac
La conservation-restauration des objets ethnographiques sacrés pose de nombreux problèmes éthiques, déontologiques et méthodologiques. Objets supports de cultes ou de pratiques rituelles, porteurs de significations multiples, sujets à des interdits et tabous, ils occupent encore des fonctions et une portée symbolique essentielles pour les communautés autochtones actuelles. Si l’approche de conservation-restauration de ces objets telle qu’elle est pratiquée en Europe ne tient guère compte de ces particularités, l’approche nord-américaine a considérablement évolué depuis le début du XXe siècle, et s’attache désormais à effectuer les traitements en consultation avec les communautés concernées et dans le respect de leurs croyances. L’étude de cas de conservation-restauration d’un ensemble de masques et de parures sacrés Yup’ik collectés en 1912 en Alaska et conservés au Musée canadien des civilisations (Gatineau, Canada) tentera d’illustrer cette approche novatrice et les principes déontologiques sur lesquels elle s’appuie.
10h00 Les vicissitudes de la collection de tapa du museum d’histoire naturelle de Rouen. De la collecte à la restauration
Julia FERLONI – Conservatrice – MuCEM, pôle « Commerce, Artisanat et Industrie »
Anne-Claire de POULPIQUET – Conservatrice-Restauratrice d’arts graphiques
Le muséum de Rouen possède dix tapa, entrés au cours du XIXe siècle dans ses collections. Deux tiputa et un tapa furent collectés à Tahiti par le capitaine Jean-Baptiste Cécille au cours de sa mission à bord de l’Héroïne (1837-1839). Les autres, provenant de Polynésie Occidentale (Fiji, Samoa et Futuna) ainsi que d’Hawaï, furent vendus en 1875 au musée par le capitaine Dominique Rumeau, vraisemblablement baleinier fréquentant le Pacifique Sud entre 1850 et 1869. L’intervention se propose de retracer l’histoire de la collecte et de la conservation de ces tapa. De 1899 à 2006, date de la fermeture pour dix ans du muséum, ils furent présentés dans de très mauvaises conditions, en décors de vitrine de l’exposition au titre évocateur « Les Survivances de la Préhistoire ». Le chantier des collections océaniennes mené en 2010, puis leur nouvelle présentation en 2011, ont permis la restauration de deux de ces tapas, l’un de Samoa, l’autre de Futuna, issus de la collection Rumeau.
10h45 Pause
11h00 Conservation, restauration et exposition d’une collection de parures de plumes amazoniennes du Musée d’ethnographie de Genève

Camille BENECCHI – Conservatrice-Restauratrice d’objets ethnographiques
Lucie MONOT – Conservatrice-restauratrice d’objets ethnographiques, Musée d’ethnogra- phie de Genève
En mai 2016, le musée d’ethnographie de Genève a inauguré une importante exposition regroupant plus de 400 objets d’origine amazonienne issus de ses propres collections, parmi lesquels environ 200 objets en plumes.
Au sein de l’atelier de conservation-restauration du MEG, il s’est donc agit non seulement d’approcher ce projet dans une perspective de restauration des matériaux, de stabilisation des objets, mais aussi de compréhension de l’utilisation et de la signification de ces parures de plumes afin de guider certains choix de conservation et de scénographie.
Comme pour tout autre projet d’exposition du MEG, l’atelier de conservation-restauration a suivi le projet dès l’établissement des premières sélections afin de s’assurer de la compatibilité entre scénographie et conservation, et dans une perspective plus large, d’initier un reconditionnement de l’ensemble de la collection amazonienne faîte de plumes.
11h45 Latex et textile, décor fragile à effet théâtral, solutions de consolidation en binôme
Susanne BOURET – Conservatrice-Restauratrice de textile
Laure MANCHILINE – Conservatrice-Restauratrice d’objets et d’oeuvres composites, spécialisée en matériaux organiques et contemporains
La conservation-restauration de deux costumes de scène composites du CNCS à Moulins-sur-Allier, en textile et décorés d’ornements en latex est le résultat d’un travail effectué en binôme entre deux restauratrices spécialisées en textile et en matériaux thétiques. Les techniques respectives de ces deux disciplines ont permis la consolidation et la réintégration de ces éléments.
12h30 Déjeuner
14h15 La conservation des gants de foot du gardien Dino Zoff du Musée National du sport. À la limite de la restauration des objets du XXe siècle, la conservation des mousses polyuréthane
François DUBOISSET – Restaurateur du patrimoine, spécialité bois plastique caoutchouc
Les mousses polyuréthane sont des matériaux modernes et particulièrement instables. Les gants du gardien de foot de l’équipe nationale d’Italie, Dino Zoff, en sont un exemple représentatif. Utilisé pendant quelques années tout au plus puis conservé dans les réserves du musée du sport, ils sont actuellement très rigides cassant et pulvérulent. Les solutions de restauration sont aujourd’hui limitées et les principes de la restauration comme la réversibilité, la compatibilité des matériaux ne sont pas toujours applicables.
15h00 La restauration des éléments du café L’Ami Butte pour l’exposition Café In au MuCEM (octobre 2016-janvier 2017)
Mireille JACOTIN – Conservatrice – MuCEM, pôle « Vie public »
Laure MANCHILINE – Conservatrice-Restauratrice d’objets et d’oeuvres composites, spécialisée en matériaux organiques et contemporains
Les collections du MuCEM comptent, outre quelques fameuses unités écologiques conservées à l’initiative de George-Henri Rivière pour l’ancien Musée national des Arts et Traditions Populaires, des éléments de décor provenant de boutiques parisiennes et venus enrichir le fonds constitutif dans les années 1980 et 1990. Un ensemble, celui provenant du café de la Butte-Montmartre situé au 31, rue André-Barsacq à Paris, avait été acquis en 1999, sans jamais faire l’objet de restauration, ou de valorisation particulière. La programmation de l’exposition Café In en 2016 aura été l’occasion de se pencher plus précisément sur cet ensemble mobilier des années 1930-1950, finalement présenté dans le parcours en accord avec le scénographe Jacques Sbriglio. Restaurer pour montrer aura finalement été la ligne directrice du travail de restauration : souligner d’abord la fonction d’usage, ou bien utiliser cet ensemble pour une évocation, ou un décor ? Un café parisien constitue-t-il finalement un ensemble ethnographique, ou du moins ce que l’on a pu en conserver, et jusqu’où peut-on restituer une atmosphère qui ne soit pas désuète ? La restauration, les projets scénographiques et la présentation finale pendant la durée de l’exposition ont constitué des étapes pour comprendre et évaluer les possibilités de valorisation muséographique de cet ensemble unique.
15h45 Pause
16h00 Conservation of cAns in collectioNS
Laura BRAMBILLA – Docteur en chimie et chercheuse en conservation- restauration à la Haute Ecole Arc – Neuchâtel
Le patrimoine culturel est constitué d’oeuvres d’art, mais également d’objets usuels aussi inattendus que les conserves alimentaires. Brevetée au début du 19° siècle, la boîte de conserve représente une innovation technologique devenue un symbole de la société de consommation. Présente dans les collections de musées elle revêt toutefois des significations différentes. Sa conservation est très problématique car des phénomènes d’altération biologique et de corrosion se produisent dus aux interactions du contenant métallique tant avec l’environnement qu’avec les différents contenus. Le projet CANS vise à développer une méthodologie de conservation préventive respectueuse de l’authenticité matérielle et des significations de ces objets composites. Le projet comprend une étude des valeurs culturelles des boîtes dans les collections patrimoniales, l’identification des problèmes de conservation, la caractérisation des dégradations en relation avec les conditions environnementales et la composition des boîtes (matériaux utilisés, nature du contenu), la modélisation des mécanismes de dégradation à long terme des récipients et de leur contenu, et la proposition de mesures de conservation préventive. Cette recherche interdisciplinaire réunit ethnologues, spécialistes de la technologie alimentaire, conservateurs-restaurateurs du patrimoine, spécialistes de la corrosion et scientifiques de la conservation. Ce projet contribuera à la découverte des mécanismes de dégradation et la mise au point de méthodes de conservation préventive d’objets à la dimension sociale emblématique intégrés dorénavant au patrimoine. Les partenaires du projet CANS sont la Haute Ecole Arc Conservation-restauration (chef de projet), le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel, le Tribology and interface chemistry group de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, l’Institut Technologies du vivant et l’Institut Systèmes industriels de la HES-SO Valais de Sion. Le projet CANS est financé par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique.
16h45 Le Carrosse de Paul Arzens, Musée des Arts et Métiers : conservation et restauration d’une oeuvre entre patrimoine technique et industriel, design et « sculpture roulante »
Michaela FLORESCU – Conservatrice-Restauratrice du patrimoine métallique
Le Carrosse est un prototype de micro-car en aluminium daté de 1951. Ce véhicule unique en son genre a été conçu et fabriqué par Paul Arzens, un artiste français, également designer industriel et mécanicien autodidacte, pour son usage personnel. Il considérait sa création comme une « sculpture roulante », et avait attaché une attention particulière à son esthétique, ainsi qu’au choix des matériaux et à leurs aspects de surface. Il a aussi mis au point des solutions techniques innovantes pour une automobile de cette époque. Initialement destiné à être commercialisé, Arzens a préféré faire de son véhicule un support d’expérimentation, en le modifiant progressivement et en profondeur. Il l’a ainsi maintenu en condition roulante et l’a utilisé jusque dans les années 1990. Le Musée des Arts et Métiers, propriétaire de l’oeuvre, souhaitait pouvoir présenter le véhicule en sauvegardant l’authenticité et la cohérence de l’ensemble tel qu’il a été transmis à la mort de l’artiste.
Face à la nécessité de préserver et de transmettre les dimensions matérielles et immatérielles de l’oeuvre, le projet s’est appuyé sur une méthodologie croisant les pratiques de conservation-restauration dans le domaine du patrimoine technique et industriel (en particulier le patrimoine des transports) et celles en vigueur pour l’art contemporain.
17h30 Discussion et Conclusion
18h30 Visite sur demande des ateliers de la formation de Conservation-restauration des oeuvres sculptées

 

INFORMATIONS PRATIQUES

École supérieure des beaux-art TALM-Tours
Ex-imprimeries MAME
(accès sur le côté du bâtiment)
40 rue du Docteur Chaumier, 37000 Tours
Arrêt : Docteur Chaumier
Bus depuis la gare : Lignes 3a et b (pléiade), 15 (La Riche soleil)

2 Comments on PROGRAMME ET RÉSUMÉS – VE COLLOQUE ARSET

    • Bonjour,
      Oui la publication paraîtra dans les mois qui viennent. Nous vous invitons donc à revenir consulter notre site internet.
      Je peux également vous inscrire dans la mail-list pour l’annonce de la parution de la publication si vous le souhaitez.
      Bien cordialement,
      Marie Thorineau, secrétaire ARSET

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