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Soirée déontologie : Qu’est-ce qu’être, aujourd’hui, un « professionnel de Musée » ?

29 novembre à 6:00 - 9:00

Réflexions à partir du terrain des professionnels adhérents d’ICOM (4 700 en France, 36 000 dans le monde)

Depuis une quinzaine d’années, les musées ont connu une évolution sans précédent. Des moyens d’investissement considérables ont permis un formidable essor de la fréquentation, même si celle-ci connaît un certain ralentissement depuis les attentats de 2015.

Dès lors, on porte un regard beaucoup plus exigeant sur leur gestion, mesurée par de nombreux critères que les établissements « culturels » utilisaient peu auparavant : courbes de fréquentation, ratio ressources propres/budget de fonctionnement, atteintes d’objectifs pédagogiques, diversification des publics …

Désormais « managés », les musées gèrent leurs ressources (humaines, financières, patrimoniales…) avec un souci de performance qui impacte toutes les fonctions :

 En interne, coexistent à tous les niveaux de la hiérarchie, des fonctionnaires et des contractuels qui co-construisent de nouvelles manières d’exercer.

 Sous cet effet notamment, des pans entiers d’activité sont externalisés sous forme de sous-traitance, marchés publics, délégations de services publics voire portage salarial, y compris dans des missions qu’on aurait auparavant qualifiées de régaliennes.

 De nouveaux métiers se développent : mécénat, web, réseaux sociaux, résidences d’artistes…

 De nouvelles activités ajoutent de la valeur : boutiques, cafés et restaurants, locations d’espaces.

Tous, parmi ces nouveaux praticiens, sont-ils des « professionnels de Musée » ?

Dans le même temps, de nouveaux acteurs apparaissent : les fondations rattachées à des grands collectionneurs ou parfois issues de mondes tout à fait exogènes, comme l’industrie du luxe. Ces acteurs offrent au grand public des expositions de qualité, conçues par des professionnels bien souvent issus des grands musées nationaux. Animations, médiation, ateliers pour enfants, accessibilité aux visiteurs en difficulté… l’offre est en de nombreux points comparables à celle des

« Musées de France ». Les personnels de ces établissements – et les établissements eux-mêmes – aspirent à être reconnus comme professionnels de musées et, concrètement, ils s’adressent à nous pour avoir la « carte ICOM » qui devient ainsi une sorte de validation …

Bien sûr, cette évolution n’est pas propre à la France et l’on voit, ici comme chez nos voisins, surgir cette interrogation : qu’est-ce qu’être aujourd’hui un professionnel de Musée ?

Il s’agit tout autant de poser la question du statut des personnels que celle du lien entre culture et intérêt public : la « mission de service public culturel » du musée n’est-elle garantie que si l’institution est elle-même une institution publique ? Est-elle dénaturée par la lucrativité ? …

Inscrit dans un cycle sur la déontologie des musées, ce débat devrait apporter un éclairage prospectif : à quelles conditions ces changements seront-ils un enrichissement, tout à la fois pour les publics et pour les professionnels?

Intervenants :

• Denis CHEVALLIER, conservateur général, en charge du département recherche et enseignement du MuCEM

• Sylvain AMIC, conservateur en chef, directeur de la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen

• Alain LOMBARD, chargé de mission auprès du secrétariat général du ministère de la Culture

• Martin BETHENOD, directeur de la Bourse du commerce – Collection Pinault

• Sophie HOVANESSIAN, secrétaire générale de la Bourse du commerce – Collection Pinault

• Intervention de l’Institut national du patrimoine

Conclusion / synthèse : Denis-Michel BOËLL

Modération : Laurent THURNHERR

Lieu

Auditorium Colbert Galerie Colbert
2 rue Vivienne
Paris, 75001
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